Entre
Cucugnan et Quéribus
Cette
belle balade chargée d’histoire vous fera revivre la folle époque
des seigneurs cathares dans une région pleine de charme. Ici, aucun
problème d’itinéraire : l'abbé Ruffié se chargera de vous
remettre dans le droit chemin.
Le
plus simple est de laisser votre voiture au parking public au pied du
charmant moulin surplombant la vallée. Vous traversez le village sur
toute sa lngueur jusqu’à son extrémité est. Vous remarquez au
passage le théâtre Achille-Mir qui présente un spectacle sur le thème
du sermon du curé de Cucugnan.
C’est
en 1858, que l'abbé Ruffié prononça son célèbre sermon :
Racontant
son rêve dans lequel il aurait fait une visite en enfer où il retrouva
la plupart des ces fidèles, il espérait remettre toutes ses ouailles
dans le droit chemin.
Alphonse
Daudet dans les Lettres de mon Moulin popularisa cette histoire cocasse
mais c’est un certain Blanchot de Brenas, poète à ses heures, qui découvrit
le sermon et le traduisit en français. En 1867, Roumanille,
écrivain français d'expression provençale, reprit à son compte le célèbre
sermon ; il n’en fallait pas moins pour que la croyance populaire
situât l’histoire au cœur de la région provençale.

Vous
sortez du village par une forte pente qui rejoint la D14 que vous
traversez pour emprunter une route goudronnée jusqu’à une petite
chapelle abritant une croix. Laissez alors le chemin cathare s’évader
sur la droite pour continuer tout droit sur la route principale. Vous
laissez encore deux chemins à gauche avant de longer un manège et
decontinuer à monter sur la route goudronnée. Prenez la peine de vous
retourner régulièrement et vous découvrirez quelques beaux panoramas
sur le village de Cucugnan et sa vallée.
Vous
atteignez ensuite une bifurcation et prenez la piste de droite en montée
(suivre le balisage jaune). Le chemin décrit une série de virages.
Lorsque vous atteignez la dernière épingle, quittez momentanément la
piste par la droite pour admirer une vue époustouflante sur la vallée
de Cucugnan. Revenez quelque peu sur vos pas et continuez la montée en
direction de la crête. Vous atteignez une grille à bestiaux que vous
franchissez .Laissez filer le sentier cathare vers Padern pour
l’emprunter vers la droite. Cette large voie en crête vous conduira
directement au château de Quéribus.
Au
XIIème siècle, apparut une nouvelle croyance : chrétien mais très
critique à l’égard du catholicisme et de ses structures, le catharisme s’étendit rapidement
à tout le territoire Occitan.
Ceci
ne fut pas au goût du pape Innocent III qui lança une croisade contre
les Albigeois. Cette guerre sainte dégénéra rapidement en guerre
politique entre les seigneurs du nord et ceux de l’Occitanie. Enfin,
les inquisiteurs et leurs pratiques barbares achevèrent le travail et réussirent
à décimer la plupart des « parfaits».
Le
catharisme, symbole de l’identité occitane, reste de nos jours
très présent au travers des 5 fils de Carcassonne : les châteaux
cathares.
Au
parking, après une éventuelle visite du château, vous vous dirigez,
dos à la forteresse, vers le haut de la route goudronnée. Vous suivez
de nouveau le sentier cathare qui se fraie un chemin dans une végétation
aux senteurs enivrantes. Le sentier vire à droite pour amorcer une
descente assez raide. Votre itinéraire tourne encore à gauche
pour continuer sa descente plein ouest. Quelques centaines de mètres
plus loin, vous découvrez à droite un sentier qui dévale la colline
pour rejoindre plus rapidement Cucugnan. Cette voie raide et dangereuse
n’a d’intérêt que si vous désirez écourter votre balade.
Continuez donc tout droit le chemin broussailleux qui descend gentiment
en s’incurvant vers le sud. Après avoir négocié une épingle à
droite, vous laissez le chemin de gauche filer vers la départementale
pour vous engager dans une large voie empierrée en direction du
village. A la route goudronnée, vous bifurquez à gauche puis optez
tout de suite pour la route de droite. Au carrefour suivant vous prenez
la voie de gauche et traversez la D14 pour rejoindre le village par la
rue en face. La montée est rude et c’est peu dire.
Le
chemin inverse de celui de l’aller vous ramène à votre point de départ.
©
2008 Daniel Dubois <lesdubs62-cops@yahoo.fr>
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